Le metteur en scène et auteur Jean-Luc Lagarce, mort du sida à l'âge de 38 ans, fait partie de la charrette des écrivains maudits. Il est mort sans jamais avoir été publié. Son Journal entamé en 1977 et tenu jusqu'à sa mort en 1995 est publié en 2007 par la maison d'édition qu'il avait lui-même créée.
Lundi Soir au Transfert (le Bar) un garçon exceptionnellement beau est entré, mettant en émoi tous ces messieurs.
Mon pessimisme ne m'encourage jamais à tenter ma chance et celui-là vraiment était trop "terriblement beau" pour être sans risque.
Mais le jeune Dieu me veut, et moi je ne bande même pas tant il me semble intouchable.
J'essaie de détourner son attention (d'autres lui font la danse des sept voiles). Je suis tellement certain de mon absence de chance que j'imagine divers scénarios (rii). Il drague pour d'autres ou il allume et s'en va à l'instant fatal.
Je crois voir passer un imperceptible clin d'oeil et un léger sourire indiquant la sortie. Il s'en va. Je le suis. Nous sommes dans la rue. Nous marchons à vingt mètres l'un de l'autre.
Nous nous caressons avec toute la tendresse du monde dans les fourrés (dégarnis et humides) des Tuileries. Il ne peut me suivre jusqu'à Montparnasse, il est en effet "accompagné" d'un gros type âgé, laid et riche à n'en pas douter.
C'est idiot cela, et je n'accorde jamais une importance essentielle à la beauté la plus académique mais il est probablement l'homme le plus beau, avec le corps et le visage les plus beaux, que j'aie rencontré de ma vie. Au sens le plus objectif du terme. C'est à dire qu'il était un homme que tout le monde, même sans désir, admettrait comme extrêmement beau.
Il était là, le pantalon sur les chaussures et tout dans son torse, son ventre, ses cuisses, son visage, ses épaules ou son cul était une perfection de la statuaire grecque ou de la revue porno la plus excitante.
Le pire ou le plus étrange c'est qu'il semblait plus excité par moi que je ne semblais l'être par lui (j'étais un peu emprunté ne sachant trop où s'arrêterait la plaisanterie...). Il venait se loger dans le creux de mon blouson et gémissait doucement lorsque je lui mangeais l'oreille, les seins ou la queue.
Il est américain, il s'appelle John. Il me serra la main très cérémonieusement et partit presque en courant retrouver son affreux banquier. On ne se reverra jamais, c'est mieux ainsi, il pourrait avoir mis ses lentilles la prochaine fois.
6 oct. 2013
8 sept. 2013
Guillaume Dustan
Les romans de Guillaume Dustan ont été des électrochocs dans le paysage littéraire français des années 90. Dans ma chambre, son premier roman, en réalité un récit autobiographique, est publié en 1996.
A huit heures dix il sonne. J'ouvre la porte. Il a l'air bien excité. Je fais demi-tour. Je croise mes poignets pour qu'il attache les menottes à la grosse laisse qui me pend dans le dos. Clic. Je commence à bander. Il entre, il ferme la porte derrière lui, je me suis déjà mis à genoux face à son paquet, j'ouvre la bouche au maximum, c'est difficile à cause du cuir de la cagoule, il descend sa braguette à toute vitesse, sort sa bite à demi bandée. J'en profite pour l'avaler à fond, jusqu'au pubis. Je tète. Il grossit vite. Ça m'oblige à reculer mais je reviens dessus et comme je suis bien excité j'arrive à tout prendre jusqu'à ce que j'aie son gland derrière la glotte, je le branle comme ça en fond de gorge en respirant comme je peux par le nez, je bave un maximum.
Ça fait cinq bonne minutes que je pompe, je commence à redescendre. Je me mets à sucer plus mollement, je vais le long de sa queue, je suce seulement le gland. Pas longtemps parce qu'il m'attrape par le haut de la cagoule et qu'il me force à le pomper à nouveau bien à fond. Ça me réexcite aussi sec. Au bout d'un moment il me tire la tête en arrière. Il me regarde d'en haut. Petite salope ! Il me crache dessus. Wow ! Je suis tellement content que ça démarre aussi bien que je fais un truc que je ne fais pas d'habitude parce que je trouve que c'est sale mais là j'en ai envie pour bien montrer qui est qui ce soir. Je me baisse et je commence à lui lécher les pompes. En même temps j'écarte les jambes et je me cambre à fond pour bien offrir mon cul. Je sais que c'est une vision assez sympa : au centre de mon cul, poilu sauf la raie qui est rasée de frais, les couilles et le bout rose fluo du gode qui émerge de mon trou, retenus par la lanière de mon string en cuir. Plus haut il peut voir mes mains attachées à la laisse au milieu de mon dos, plus haut encore le collier de chien en cuir autour de mon cou, l'arrière lacé de la cagoule. Je n'ai pas mis mes chaps pour avoir l'air plus vulnérable, mais j'ai mes rangers avec des grosses chaussettes marron en synthétique un peu trash roulées au-dessus.
Il me claque le cul. Quand ça devient trop fort je remonte lui bouffer les couilles et le sucer. Il m'arrête, il me pousse à terre, il est un peu brusque mais tant pis, ce n'est pas le moment de faire des remarques, il m'attrape par le cou, il me tire vers la chambre. J'avance comme je peux, moitié sur les genoux, moitié en rampant. Il en profite pour me claquer le cul, vraiment fort. Arrivés à la chambre, il me prend par les épaules, me jette sur le lit, je me mets en position, torse sur le bas du lit toujours à genoux cul en l'air, non, ce n'est pas ce qu'il veut, il me fait monter sur le lit, je me remets en position, rangers bien écartées dans le vide, je baisse mon cul pour qu'il ne soit pas trop haut pour sa bite, pendant ce temps il va chercher une capote, il se la met, il me claque le cul deux trois fois, il écarte la lanière du string, le gode commence à sortir de lui-même, il pousse dessus pour le remettre à fond une fois, deux fois, et puis il le vire, il le jette sur le lit, il rentre sa grosse bite à la place et il me baise comme une reine.
On ne le refait jamais. Je trouve que ce serait nase de lui refaire exactement le même coup donc j'attends qu'il me le propose. Il ne le fait pas.
A huit heures dix il sonne. J'ouvre la porte. Il a l'air bien excité. Je fais demi-tour. Je croise mes poignets pour qu'il attache les menottes à la grosse laisse qui me pend dans le dos. Clic. Je commence à bander. Il entre, il ferme la porte derrière lui, je me suis déjà mis à genoux face à son paquet, j'ouvre la bouche au maximum, c'est difficile à cause du cuir de la cagoule, il descend sa braguette à toute vitesse, sort sa bite à demi bandée. J'en profite pour l'avaler à fond, jusqu'au pubis. Je tète. Il grossit vite. Ça m'oblige à reculer mais je reviens dessus et comme je suis bien excité j'arrive à tout prendre jusqu'à ce que j'aie son gland derrière la glotte, je le branle comme ça en fond de gorge en respirant comme je peux par le nez, je bave un maximum.
Ça fait cinq bonne minutes que je pompe, je commence à redescendre. Je me mets à sucer plus mollement, je vais le long de sa queue, je suce seulement le gland. Pas longtemps parce qu'il m'attrape par le haut de la cagoule et qu'il me force à le pomper à nouveau bien à fond. Ça me réexcite aussi sec. Au bout d'un moment il me tire la tête en arrière. Il me regarde d'en haut. Petite salope ! Il me crache dessus. Wow ! Je suis tellement content que ça démarre aussi bien que je fais un truc que je ne fais pas d'habitude parce que je trouve que c'est sale mais là j'en ai envie pour bien montrer qui est qui ce soir. Je me baisse et je commence à lui lécher les pompes. En même temps j'écarte les jambes et je me cambre à fond pour bien offrir mon cul. Je sais que c'est une vision assez sympa : au centre de mon cul, poilu sauf la raie qui est rasée de frais, les couilles et le bout rose fluo du gode qui émerge de mon trou, retenus par la lanière de mon string en cuir. Plus haut il peut voir mes mains attachées à la laisse au milieu de mon dos, plus haut encore le collier de chien en cuir autour de mon cou, l'arrière lacé de la cagoule. Je n'ai pas mis mes chaps pour avoir l'air plus vulnérable, mais j'ai mes rangers avec des grosses chaussettes marron en synthétique un peu trash roulées au-dessus.
Il me claque le cul. Quand ça devient trop fort je remonte lui bouffer les couilles et le sucer. Il m'arrête, il me pousse à terre, il est un peu brusque mais tant pis, ce n'est pas le moment de faire des remarques, il m'attrape par le cou, il me tire vers la chambre. J'avance comme je peux, moitié sur les genoux, moitié en rampant. Il en profite pour me claquer le cul, vraiment fort. Arrivés à la chambre, il me prend par les épaules, me jette sur le lit, je me mets en position, torse sur le bas du lit toujours à genoux cul en l'air, non, ce n'est pas ce qu'il veut, il me fait monter sur le lit, je me remets en position, rangers bien écartées dans le vide, je baisse mon cul pour qu'il ne soit pas trop haut pour sa bite, pendant ce temps il va chercher une capote, il se la met, il me claque le cul deux trois fois, il écarte la lanière du string, le gode commence à sortir de lui-même, il pousse dessus pour le remettre à fond une fois, deux fois, et puis il le vire, il le jette sur le lit, il rentre sa grosse bite à la place et il me baise comme une reine.
On ne le refait jamais. Je trouve que ce serait nase de lui refaire exactement le même coup donc j'attends qu'il me le propose. Il ne le fait pas.
25 août 2013
Grisélidis Réal
Les écrits de Grisélidis Réal témoignent se son expérience de la prostitution. Décédée en 2005, elle a souhaitée que sa tombe soit marquée de ces deux mots : écrivain-prostituée. En 1974, elle publie son premier livre, autobiographique : Le noir est une couleur.
Ses mains gantées de daim ouvrent une portière de voiture. Je reconnais le grand catafalque nickelé.
Cette fois, pas de repas chinois, pas de mansarde, pas de galanteries. Il est pressé, on stoppe dans un chemin sombre entre deux villas. Il presse sur un bouton et les sièges s'allongent en couchettes.
Il se déshabille en ahanant, et sur les coussins de cuir noir, comme un monstrueux clair de lune, son vieux cul flasque apparaît.
Il me le tend, saisit ma tête à pleines mains et m'enfonce dans ses replis. Tout en dirigeant la manoeuvre d'une poigne rude, il gémit comme un petit enfant. Au bout de longues minutes, à moitié étranglée, suffocante et pleine de larmes, j'ai tout reçu dans la bouche.
En sifflotant, il remet la voiture en marche pendant que je me rhabille. J'ai cinquante marks dans mon sac comme l'autre fois, qu'il m'a donnés sans que je lui demande. Il pousse la gentillesse jusqu'à me ramener tout près de ma cabane.
Ses mains gantées de daim ouvrent une portière de voiture. Je reconnais le grand catafalque nickelé.
Cette fois, pas de repas chinois, pas de mansarde, pas de galanteries. Il est pressé, on stoppe dans un chemin sombre entre deux villas. Il presse sur un bouton et les sièges s'allongent en couchettes.
Il se déshabille en ahanant, et sur les coussins de cuir noir, comme un monstrueux clair de lune, son vieux cul flasque apparaît.
Il me le tend, saisit ma tête à pleines mains et m'enfonce dans ses replis. Tout en dirigeant la manoeuvre d'une poigne rude, il gémit comme un petit enfant. Au bout de longues minutes, à moitié étranglée, suffocante et pleine de larmes, j'ai tout reçu dans la bouche.
En sifflotant, il remet la voiture en marche pendant que je me rhabille. J'ai cinquante marks dans mon sac comme l'autre fois, qu'il m'a donnés sans que je lui demande. Il pousse la gentillesse jusqu'à me ramener tout près de ma cabane.
19 août 2013
Vikram Seth / Claro
Après avoir publié des recueils de poésie, l'écrivain indien Vikram Seth publie en 1986 son premier roman : Golden Gate. Inspiré dans sa forme du roman de Pouchkine Eugène Ounéguine, il est écrit en vers. L'immense Claro, spécialiste des Everest littéraires (plusieurs fois honoré en ces lieux, ici, là et là encore), s'est attaqué à la traduction en français, en choisissant de présenter l'oeuvre en alexandrins.
Le roman raconte la quête amoureuse de quelques jeunes gens de San Francisco. Dans l'extrait suivant (strophe numéro 34 du chapitre 1) , l'ombrageux John prend la mouche lorsque son ex-compagne Janet lui propose de recourir aux petites annonces pour retrouver l'âme soeur.
" Mais c'est... mais c'est..." Et voilà que Janet se tait.
" Ce que c'est ? Du maquignonnage pur et dur.
Des bêtes exposées, des acheteurs replets,
Des enchères sans nom et des candidatures,
Vieux pervers polymorphe, âgé mais très fringant,
Solvable, excitant, sexy, économe, grand,
Cherche jeune et jolie brune à grosse poitrine
Aimant jouer du flageolet et très câline.
Au numéro 69. Hors de question
Que je prête ma plume à cette perversion.
Comment as-tu pu croire que j'allais souscrire
A pareille ineptie ? Bel homme ex machina
Jeune et doué dans l'art de lever les nanas. "
Le roman raconte la quête amoureuse de quelques jeunes gens de San Francisco. Dans l'extrait suivant (strophe numéro 34 du chapitre 1) , l'ombrageux John prend la mouche lorsque son ex-compagne Janet lui propose de recourir aux petites annonces pour retrouver l'âme soeur.
" Mais c'est... mais c'est..." Et voilà que Janet se tait.
" Ce que c'est ? Du maquignonnage pur et dur.
Des bêtes exposées, des acheteurs replets,
Des enchères sans nom et des candidatures,
Vieux pervers polymorphe, âgé mais très fringant,
Solvable, excitant, sexy, économe, grand,
Cherche jeune et jolie brune à grosse poitrine
Aimant jouer du flageolet et très câline.
Au numéro 69. Hors de question
Que je prête ma plume à cette perversion.
Comment as-tu pu croire que j'allais souscrire
A pareille ineptie ? Bel homme ex machina
Jeune et doué dans l'art de lever les nanas. "
15 août 2013
Markus Orths
Les écrivains allemands, à la différence de leurs cousins autrichiens, semblent avoir une certaine pudeur et sont peu présents dans cette anthologie. Le sexe est abordé par eux d'une manière souvent peu explicite. Le roman de Markus Orths, Femme de chambre, paru en 2008, en fournit un bel exemple.
Dans l'extrait suivant : une conversation entre Chiara, prostituée, et sa cliente Lynn, le personnage principal du roman.
... le samedi elle est dans les bras de Chiara, les yeux fermés, c'est fini, Lynn sent que la décision de poser la question s'enclenche enfin en elle.
" Est-ce que j'ai bon goût ? demande Lynn.
- Un goût de savon.
- Je me lave toujours avant.
- Oui, tout ton corps a un goût de savon.
- C'est O.K. ?
- Tout à fait.
- Y a-t-il des clients qui te dégoûtent, je veux dire : est-ce que ce n'est pas écoeurant quelquefois ?
- Non. Ils doivent toujours se laver avant.
- Tu l'exiges?
- C'est le minimum."
Silence, bref.
Dans l'extrait suivant : une conversation entre Chiara, prostituée, et sa cliente Lynn, le personnage principal du roman.
... le samedi elle est dans les bras de Chiara, les yeux fermés, c'est fini, Lynn sent que la décision de poser la question s'enclenche enfin en elle.
" Est-ce que j'ai bon goût ? demande Lynn.
- Un goût de savon.
- Je me lave toujours avant.
- Oui, tout ton corps a un goût de savon.
- C'est O.K. ?
- Tout à fait.
- Y a-t-il des clients qui te dégoûtent, je veux dire : est-ce que ce n'est pas écoeurant quelquefois ?
- Non. Ils doivent toujours se laver avant.
- Tu l'exiges?
- C'est le minimum."
Silence, bref.
24 juin 2013
Alessandro Piperno
Alessandro Piperno, dernier lauréat du prix Strega, publie en 2005 son premier roman Avec les pires intentions. Rejeton de la bourgeoisie juive romaine, le narrateur Daniel Sonnino, personnage inspiré de Portnoy, raconte son héritage familial et ses déboires amoureux. Dans la scène suivante, Daniel se retrouve en tête à tête avec Giorgio, un ami d'autrefois. Une occasion d'évoquer le souvenir de Gaia, objet d'un amour platonique.
- Tu es une merde, Daniel.
- Sache que j'ai rencontré Diamante récemment et qu'elle m'a demandé de tes nouvelles : "Tu as revu le pétomane ?" Et je me suis mis à rire, parce que j'ai le sens de l'humour...
- Quel salaud...
- D'accord, tu as raison, ce n'était pas la peine de ressortir cette histoire. Mais c'est toi qui as commencé après tout. C'est toi qui as évoqué les fantômes. C'est toi qui as ouvert les tiroirs. Tu sais, passé un certain âge, il vaut mieux les garder fermés ces foutus tiroirs ! Et si tu veux savoir ce que je pense, je te dirai que Gaia n'avait pas le droit...
- Pas le droit de quoi ? Tu peux me le dire ? Elle n'avait pas le droit de baiser, de tailler des pipes ?...
- Eh bien, ç'aurait été plus gentil de le faire avec un seul à la fois. Au fond, elle n'avait que quatorze ans.
- Tu voulais tuer une fille qui faisait des pipes à quatorze ans ? C'est ça que tu essaies de me dire ? Tu veux me dire que si elle avait attendu deux ans de plus, alors tu aurais compris ? Tu veux dire que si elle avait été plus grande tu aurais approuvé ?
- Mais non, voyons, dit comme ça, ça n'a pas de sens... Et puis arrête avec cette histoire, je ne voulais tuer personne !
- La vérité c'est que certaines filles précoces il faudrait les glorifier. Allons Daniel, ça n'est pas un crime de tailler une pipe. C'est un plaisir de le faire et, si tu tiens à le savoir, c'est encore mieux de se le faire faire. Nous ne sommes pas en Iran. Notre constitution autorise qui en a envie à faire ou à se faire faire une pipe...
- Tu es une merde, Daniel.
- Sache que j'ai rencontré Diamante récemment et qu'elle m'a demandé de tes nouvelles : "Tu as revu le pétomane ?" Et je me suis mis à rire, parce que j'ai le sens de l'humour...
- Quel salaud...
- D'accord, tu as raison, ce n'était pas la peine de ressortir cette histoire. Mais c'est toi qui as commencé après tout. C'est toi qui as évoqué les fantômes. C'est toi qui as ouvert les tiroirs. Tu sais, passé un certain âge, il vaut mieux les garder fermés ces foutus tiroirs ! Et si tu veux savoir ce que je pense, je te dirai que Gaia n'avait pas le droit...
- Pas le droit de quoi ? Tu peux me le dire ? Elle n'avait pas le droit de baiser, de tailler des pipes ?...
- Eh bien, ç'aurait été plus gentil de le faire avec un seul à la fois. Au fond, elle n'avait que quatorze ans.
- Tu voulais tuer une fille qui faisait des pipes à quatorze ans ? C'est ça que tu essaies de me dire ? Tu veux me dire que si elle avait attendu deux ans de plus, alors tu aurais compris ? Tu veux dire que si elle avait été plus grande tu aurais approuvé ?
- Mais non, voyons, dit comme ça, ça n'a pas de sens... Et puis arrête avec cette histoire, je ne voulais tuer personne !
- La vérité c'est que certaines filles précoces il faudrait les glorifier. Allons Daniel, ça n'est pas un crime de tailler une pipe. C'est un plaisir de le faire et, si tu tiens à le savoir, c'est encore mieux de se le faire faire. Nous ne sommes pas en Iran. Notre constitution autorise qui en a envie à faire ou à se faire faire une pipe...
16 juin 2013
Irvine Welsh
En 1993, Irvine Welsh secoue le paysage littéraire britannique avec Trainspotting, son premier roman. En 2002, l'écrivain publie Porno. On y retrouve les mêmes personnages, dix ans plus tard. Il n'est pas du tout certain que la traduction rende parfaitement compte de la version originale écrite en anglais populaire et argotique, parlé dans les bas quartiers de Glasgow. De nombreuses scènes auraient pu illustrer ce site. Dans celle choisie ici, Simon ramène chez lui son amie Nikki après une séance de natation et un repas au restaurant.
Je ne pense qu'à une chose, la ramener chez moi, l'image de son corps parfait dans son maillot rouge bouillonne tellement dans mon esprit que j'ai du mal à parler, ou même à penser à ma combine. Et elle n'est pas timide. Sur la banquette arrière du taxi, elle ouvre ma braguette, glisse la main dans mon fute et me roule une pelle avec une déconcertante férocité. A un moment, ses dent me mâchonnent la lèvre inférieure et la douleur devient si intense que je manque hurler et la repousser.
On s'arrête, on paie le chauffeur et ma braguette est toujours ouverte quand on monte les escaliers, où elle défait ma ceinture. Je lui retire son cardigan par-dessus sa tête et soulève son t-shirt pour arracher son soutien-gorge. Sur le palier, on s'entredéchire et la porte d'en face s'ouvre, et le gars genre pédophile qui vit encore chez sa mère nous regarde puis referme brusquement. Je fourrage dans ma poche à la recherche de mes clés, je fais entrer Nikki qui baisse son jean noir en velours, mon fute tombe au sol, on est dans l'appart et on claque la porte derrière nous. Je lui enlève son jean et sa culotte blanche en dentelle et je lèche sa chatte au léger goût de chlore, laisse ma langue l'explorer puis lui suce le clitoris. Je sens ses ongles s'enfoncer dans ma nuque, dans mon visage et j'ai du mal à respirer mais elle me repousse, se retourne sans que je lâche prise sur sa touffe parfumée, et elle cherche à atteindre ma bite. Sa langue s'y dépose en petits coups électriques, puis elle l'enserre dans sa bouche. Cette impasse se prolonge encore quelque temps puis on se sépare d'instinct, nos regards se croisent et tout devient trouble, ralenti comme dans un accident de la route. Nos mains avides parcourent nos corps, reflètent les caresses patientes et quasi médicales de l'autre. Je sens chaque muscle, chaque tendon sous sa peau douce comme la plume, et elle m'explore comme si ma chair se détachait peu à peu de mes os.
On se chauffe, elle me plaque au sol avec la puissance incroyable de ses cuisses si trompeusement minces. Elle attrape ma queue et la frotte contre sa chatte avant de s'y empaler millimètre par millimètre. On baise avec lenteur jusqu'à atteindre l'instant. Puis on chancelle jusqu'au lit où on s'allonge sur la couette. Je tends le bras vers la table de nuit et attrape un sachet de coke. Elle refuse au début mais je fais deux rails, roule Nikki sur le ventre et sèche avec un coin de la couette le creux de ses reins moites de sueur. J'étouffe presque devant la beauté de ce cul sous mes yeux, dépose une ligne de coke sur ce carré de peau au bas de sa colonne vertébrale et sniffe. Mon doigt glisse entre ses fesses jusqu'à la moue inversée de son anus, elle se tend un peu, puis je descends vers son vagin trempé. Quand la coke me traverse comme le train de Norwich dans Hackney Downs, je suis de nouveau en elle, elle s'agenouille et pousse fort contre mon aine.
- Sniffe... je halète en montrant l'autre rail sur la table de nuit.
- Je prends...pas... de...cette...merde...elle souffle en se tortillant comme un serpent et s'enfonçant sur ma queue avec une énergie féroce et un contrôle spendide.
- Allez, mets-t'en une dose, putain, je hurle et elle tourne la tête vers moi, un air de lubricité épuisée sur le visage.
- Oh, Simon...
Elle attrape le billet et sniffe tandis que je la baise, je ralentis pour lui permettre d'ingurgiter la ligne puis je m'y remets aussi fort que je peux, les mains autour de sa fine taille; le serpent arqué devient soudain rigide, nos deux corps comme un piston, et on crie à l'unisson en jouissant.
Je ne pense qu'à une chose, la ramener chez moi, l'image de son corps parfait dans son maillot rouge bouillonne tellement dans mon esprit que j'ai du mal à parler, ou même à penser à ma combine. Et elle n'est pas timide. Sur la banquette arrière du taxi, elle ouvre ma braguette, glisse la main dans mon fute et me roule une pelle avec une déconcertante férocité. A un moment, ses dent me mâchonnent la lèvre inférieure et la douleur devient si intense que je manque hurler et la repousser.
On s'arrête, on paie le chauffeur et ma braguette est toujours ouverte quand on monte les escaliers, où elle défait ma ceinture. Je lui retire son cardigan par-dessus sa tête et soulève son t-shirt pour arracher son soutien-gorge. Sur le palier, on s'entredéchire et la porte d'en face s'ouvre, et le gars genre pédophile qui vit encore chez sa mère nous regarde puis referme brusquement. Je fourrage dans ma poche à la recherche de mes clés, je fais entrer Nikki qui baisse son jean noir en velours, mon fute tombe au sol, on est dans l'appart et on claque la porte derrière nous. Je lui enlève son jean et sa culotte blanche en dentelle et je lèche sa chatte au léger goût de chlore, laisse ma langue l'explorer puis lui suce le clitoris. Je sens ses ongles s'enfoncer dans ma nuque, dans mon visage et j'ai du mal à respirer mais elle me repousse, se retourne sans que je lâche prise sur sa touffe parfumée, et elle cherche à atteindre ma bite. Sa langue s'y dépose en petits coups électriques, puis elle l'enserre dans sa bouche. Cette impasse se prolonge encore quelque temps puis on se sépare d'instinct, nos regards se croisent et tout devient trouble, ralenti comme dans un accident de la route. Nos mains avides parcourent nos corps, reflètent les caresses patientes et quasi médicales de l'autre. Je sens chaque muscle, chaque tendon sous sa peau douce comme la plume, et elle m'explore comme si ma chair se détachait peu à peu de mes os.
On se chauffe, elle me plaque au sol avec la puissance incroyable de ses cuisses si trompeusement minces. Elle attrape ma queue et la frotte contre sa chatte avant de s'y empaler millimètre par millimètre. On baise avec lenteur jusqu'à atteindre l'instant. Puis on chancelle jusqu'au lit où on s'allonge sur la couette. Je tends le bras vers la table de nuit et attrape un sachet de coke. Elle refuse au début mais je fais deux rails, roule Nikki sur le ventre et sèche avec un coin de la couette le creux de ses reins moites de sueur. J'étouffe presque devant la beauté de ce cul sous mes yeux, dépose une ligne de coke sur ce carré de peau au bas de sa colonne vertébrale et sniffe. Mon doigt glisse entre ses fesses jusqu'à la moue inversée de son anus, elle se tend un peu, puis je descends vers son vagin trempé. Quand la coke me traverse comme le train de Norwich dans Hackney Downs, je suis de nouveau en elle, elle s'agenouille et pousse fort contre mon aine.
- Sniffe... je halète en montrant l'autre rail sur la table de nuit.
- Je prends...pas... de...cette...merde...elle souffle en se tortillant comme un serpent et s'enfonçant sur ma queue avec une énergie féroce et un contrôle spendide.
- Allez, mets-t'en une dose, putain, je hurle et elle tourne la tête vers moi, un air de lubricité épuisée sur le visage.
- Oh, Simon...
Elle attrape le billet et sniffe tandis que je la baise, je ralentis pour lui permettre d'ingurgiter la ligne puis je m'y remets aussi fort que je peux, les mains autour de sa fine taille; le serpent arqué devient soudain rigide, nos deux corps comme un piston, et on crie à l'unisson en jouissant.
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