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5 déc. 2010

Vladimir Nabokov

Lolita, le roman de Vladimir Nabokov édité à Paris en 1955, fit scandale à sa parution et fut l'objet d'une interdiction pendant quelque temps mais son énorme succès permit ensuite au collectionneur de papillons de vivre de sa plume.
Comme l'écrit Nabokov lui-même dans l'avant-propos du livre,  'on ne trouve pas un seul terme obscène dans tout l'ouvrage ; et le solide philistin accoutumé par les conventions modernes à accepter sans broncher les mots orduriers qui foisonnent dans un roman banal sera sans doute très choqué de ne pas les rencontrer ici'.
Voici un extrait tiré de la nouvelle traduction française de Maurice Couturier publiée en 2001.


...il m'arrivait d'exiger affectueusement un baiser supplémentaire, ou même tout un assortiment de caresses variées, quand je savais qu'elle convoitait passionnément tel ou tel divertissement juvénile. Pourtant, il n'était pas facile de traiter avec elle. C'était sans enthousiasme qu'elle gagnait ses trois cents - ou ses trois pièces de cinq cents - par jour ; et elle se révéla une négociatrice cruelle chaque fois qu'il était en son pouvoir de me refuser certains philtres dévastateurs, étranges, paradisiaques, languides, dont je ne pouvais me passer pendant plus de quelques jours, et que, en raison de la nature même de cette langueur d'amour, je ne pouvais extorquer de force. Consciente de la magie et de la puissance de ses lèvres douces, elle parvint - au cours d'une seule année scolaire ! - à faire monter les enchères jusqu'à trois et même quatre dollars pour une étreinte particulière.

17 oct. 2009

Iegor Gran

Dans son premier roman sorti en 1998, Ipso facto, Iegor Gran raconte l’histoire d’un homme dont la vie bascule parce qu’il n’arrive pas à retrouver son baccalauréat et dont la libido prend des tournures inattendues.



Sur ce, je sors doucement de la salle à manger, je passe à coté de la pendule à l’entrée, et là maman me rattrape, on assiste à une scène d’Epinal, elle essuie ses larmes, elle court m’embrasser avant mon départ, allez mon petit n’écoute pas ce qui dit ton vieux père, il t’aime quand même tu sais, je sais maman je sais, on se tombe mutuellement dans les bras, on se console tant qu’on peut, c’était émouvant je peux vous le dire, les moments de cette intensité on s’en souvient toute sa vie. Brave maman, que je me disais en lui caressant la joue, comme tu es douce, tu embrasses comme une reine, tu es bien la plus belle de toutes les femmes. Tu vois comme le fruit de tes entrailles s’en est pris plein la figure dans la vie ? Mais tu vas le cajoler comme aucune Eve ne saurait le faire, oh oui t’es une experte maman, ton bambin tu le connais mieux que personne, tu sais où il faut que tu poses tes lèvres pour un maximum de plaisir, forcément je suis ta chair et ton sang, alors quand tu me prends dans ta bouche l’ajustement est parfait, le rythme ne souffre aucune critique, c’est du Mozart pur canne le long de mon sexe.