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16 juin 2013

Irvine Welsh

En 1993, Irvine Welsh secoue le paysage littéraire britannique avec Trainspotting, son premier roman. En 2002, l'écrivain publie Porno. On y retrouve les mêmes personnages, dix ans plus tard. Il n'est pas du tout certain que la traduction rende parfaitement compte de la version originale écrite en anglais populaire et argotique, parlé dans les bas quartiers de Glasgow. De nombreuses scènes auraient pu illustrer ce site. Dans celle choisie ici, Simon ramène chez lui son amie Nikki après une séance de natation et un repas au restaurant.


Je ne pense qu'à une chose, la ramener chez moi, l'image de son corps parfait dans son maillot rouge bouillonne tellement dans mon esprit que j'ai du mal à parler, ou même à penser à ma combine. Et elle n'est pas timide. Sur la banquette arrière du taxi, elle ouvre ma braguette, glisse la main dans mon fute et me roule une pelle avec une déconcertante férocité. A un moment, ses dent me mâchonnent la lèvre inférieure et la douleur devient si intense que je manque hurler et la repousser.
On s'arrête, on paie le chauffeur et ma braguette est toujours ouverte quand on monte les escaliers, où elle défait ma ceinture. Je lui retire son cardigan par-dessus sa tête et soulève son t-shirt pour arracher son soutien-gorge. Sur le palier, on s'entredéchire et la porte d'en face s'ouvre, et le gars genre pédophile qui vit encore chez sa mère nous regarde puis referme brusquement. Je fourrage dans ma poche à la recherche de mes clés, je fais entrer Nikki qui baisse son jean noir en velours, mon fute tombe au sol, on est dans l'appart et on claque la porte derrière nous. Je lui enlève son jean et sa culotte blanche en dentelle et je lèche sa chatte au léger goût de chlore, laisse ma langue l'explorer puis lui suce le clitoris. Je sens ses ongles s'enfoncer dans ma nuque, dans mon visage et j'ai du mal à respirer mais elle me repousse, se retourne sans que je lâche prise sur sa touffe parfumée, et elle cherche à atteindre ma bite. Sa langue s'y dépose en petits coups électriques, puis elle l'enserre dans sa bouche. Cette impasse se prolonge encore quelque temps puis on se sépare d'instinct, nos regards se croisent et tout devient trouble, ralenti comme dans un accident de la route. Nos mains avides parcourent nos corps, reflètent les caresses patientes et quasi médicales de l'autre. Je sens chaque muscle, chaque tendon sous sa peau douce comme la plume, et elle m'explore comme si ma chair se détachait peu à peu de mes os.
On se chauffe, elle me plaque au sol avec la puissance incroyable de ses cuisses si trompeusement minces. Elle attrape ma queue et la frotte contre sa chatte avant de s'y empaler millimètre par millimètre. On baise avec lenteur jusqu'à atteindre l'instant. Puis on chancelle jusqu'au lit où on s'allonge sur la couette. Je tends le bras vers la table de nuit et attrape un sachet de coke. Elle refuse au début mais je fais deux rails, roule Nikki sur le ventre et sèche avec un coin de la couette le creux de ses reins moites de sueur. J'étouffe presque devant la beauté de ce cul sous mes yeux, dépose une ligne de coke sur ce carré de peau au bas de sa colonne vertébrale et sniffe. Mon doigt glisse entre ses fesses jusqu'à la moue inversée de son anus, elle se tend un peu, puis je descends vers son vagin trempé. Quand la coke me traverse comme le train de Norwich dans Hackney Downs, je suis de nouveau en elle, elle s'agenouille et pousse fort contre mon aine.
- Sniffe... je halète en montrant l'autre rail sur la table de nuit.
- Je prends...pas... de...cette...merde...elle souffle en se tortillant comme un serpent et s'enfonçant sur ma queue avec une énergie féroce et un contrôle spendide.
- Allez, mets-t'en une dose, putain, je hurle et elle tourne la tête vers moi, un air de lubricité épuisée sur le visage.
- Oh, Simon...
Elle attrape le billet et sniffe tandis que je la baise, je ralentis pour lui permettre d'ingurgiter la ligne puis je m'y remets aussi fort que je peux, les mains autour de sa fine taille; le serpent arqué devient soudain rigide, nos deux corps comme un piston, et on crie à l'unisson en jouissant.

28 sept. 2012

John Burnside

 L'écrivain écossais John Burnside publie en 2008 Scintillation. Dans un paysage de friche industrielle imprégnée de poison toxique, l'écrivain développe un récit noir de disparitions d'adolescents au milieu duquel le jeune Léonard se distingue par son appétit de vivre, comme le montre l'extrait ci-dessous.


 Elle est jolie, ça c'est sûr.
- Bon, elle dit. Qu'est-ce que ce sera ?
Je ne réponds pas. Peut-être qu'en cet instant précis je suis amoureux. Sentimentalement je veux dire.
- Je te sucerai, si tu veux, elle dit.
Je suis un peu décontenancé par sa remarque, mais je m'efforce de ne pas le laisser voir. Ou pas trop;
- Ah ouais ? je dis, en tâchant d'avoir l'air détaché.
- Exactement, elle dit.
- Quand ça ?
Je sens un grand vide à l'intérieur de moi, comme si quelqu'un venait de me retirer les entrailles.
- Maintenant, elle dit.
- Où ça ?
- On peut aller dehors, elle dit. Derrière la bibliothèque. Elle regarde du côté de John, qui fait mine de ranger des livres dans le rayon Décoration d'intérieur, mais qui en réalité nous observe.
- Là où John va fumer ses joints, elle dit, juste assez fort pour qu'il entende.
Elle est maintenant quasi sûre de me tenir, et elle me tient, mais pas pour la raison qu'elle croit. Elle croit que je ne me suis encore jamais fait sucer, et pourtant si. Une vieille femme m'a arrêté une fois que j'avais pris la West Side Road en direction de la plage. Elle était en voiture et s'est rangée juste à côté de moi pour me demander si je voulais faire un petit tour. Je ne l'avais jamais vue, ni elle ni sa voiture, chose surprenante étant donné qu'on ne croise guère de touristes sur la West Side Road. Je lui ai donc demandé ce qu'elle entendait par là et elle a répondu qu'elle me donnerait un billet de dix si je la laissais me sucer.
Franchement, je ne savais pas trop. Elle était plutôt vieille, et pas belle du tout; d'ailleurs elle avait davantage l'air d'un mec que d'une femme, avec des tonnes de maquillage et du rouge à lèvres foncé. Mais bon, je me suis dit que dix livres c'est dix livres. Alors je suis monté dans la voiture et elle m'a conduit jusqu'à la plage, où j'allais de toute façon. Ça n'a pas duré très longtemps, et elle a eu l'air assez contente. Elle m'a dit que j'étais un gentil garçon et elle m'a donné les dix livres.