L'incisif journaliste indien d'investigation Tarun Tejpal a écrit deux romans. Le premier Loin de Chandigarh fut publié en 2005. Ce livre mêle deux histoires : d'une part celle de la passion entre un journaliste et sa compagne , d'autre part celle d'une Américaine partie en Inde par amour. Ce livre ambitieux est aussi l'occasion d'évoquer l'histoire de l'Inde et les affres de la création littéraire.
(pour Waid)
Très souvent, je l'appuyais contre la fenêtre de la salle à manger et, tombant à genoux derrière elle, posais ses lèvres sur sa cheville et entamais un voyage familier.
Je prenais la petite boule dure de sa cheville dans ma bouche et la tétais si complètement qu'elle acquérait une dimension profondément érotique. Puis je bourlinguais jusqu'à la promesse de ses mollets charnus et les suçais si pleinement qu'ils devenaient des organes sexuels. Ensuite je contournais le tibia et escaladais le dôme de son genou, faisant halte au sommet, bouche ouverte et lèvres mouvantes. Je redescendais sur l'autre versant et virais vers l'arrière, laissant couler ma langue à plat sur la route lisse à l'intérieur de sa cuisse, le regard fixé sur la ligne sombre du dernier mont. Je voyageais ainsi lentement, cherchant la source du musc; plus je m'en approchais, plus la chair croissait, plus le musc grandissait, et plus mon contrôle vacillait. De bouche, je devenais nez. De pourvoyeur de plaisir je devenais quémandeur. Fenêtre après fenêtre, mon esprit rationnel s'obturait. Raison, intellect, analyse, perception, parole, tout disparaissait, un à un.
J'étais un animal préhistorique, à quatre pattes, rôdant en quête d'une trace, d'un lieu secret.
Hors des limites de la civilisation.
Un animal à qui l'on ne pouvait plus refuser l'entrée.
Et quand j'avais bu à la source, longtemps et intensément, je n'étais plus qu'une tumescence. Je me redressais derrière elle, trouvant appui sur ses hanches, et tandis qu'elle contemplait les pentes verdoyantes qui descendaient vers les plaines étouffantes, j'entamais la plus ancienne des danses. Le vent emportait ses gémissements dans tous les recoins du sous-continent.
27 mai 2012
11 avr. 2012
Robert Coover
Robert Coover publie en 1977 Le bûcher de Times Square. Cet énorme ouvrage, qui mérite bien deux extraits, retrace de manière non conventionnelle les derniers jours des époux Rosenberg avant de griller sur la chaise électrique. Richard Nixon, vice-président des Etats-Unis au moment des faits, en est le narrateur principal. Dans le premier extrait, il évoque ses souvenirs de sénateur au Capitole.
Un second passage est ajouté en bonus. Il décrit l'hystérie de la foule venue assister à l'exécution des Rosenberg : une hystérie dégénérant en une gigantesque partouze.
J'avais moi-même terriblement envie de pisser, j'aurais probablement dû y aller avec lui, le fait est que non seulement je me sentais assez mal à l'aise, n'ayant jamais été véritablement admis dans ce club privé (je m'attirais souvent de bizarres regards surpris de la part des autres sénateurs, les huissiers eux-mêmes étaient mieux reçus), mais qu'il fallait aussi, pour y aller, traverser la Salle de la Présidence, où traînent tous les journalistes. Pas de meilleures sources d'information, si l'on en croit la légende, que les sénateurs qui ont "la vessie faible et la tête chaude"" - et surtout lorsque cette vessie est pleine de bourbon. Il y avait même des femmes journalistes qui rigolaient lorsque les sénateurs se précipitaient en se tenant les bonbons. Ce qui, à mes yeux, était un manque total de dignité, mais la plupart des sénateurs ne semblaient pas se frapper, ils avaient même l'air d'apprécier ce genre de notoriété. Il paraît que Lyndon Johnson, pendant la discussion de la loi sur le pétrole des Tidelands, s'était fait harponner par une jeune journaliste aux idées avancées et avait accepté de lui accorder une interview, à la seule condition qu'elle le suive et lui tienne son instrument pendant qu'il pissait - ce qu'elle avait dû faire. Le scoop de l'année. Ou, comme Lyndon était censé l'avoir déclaré, aux lavabos : "Vous venez de vous en tailler une belle, la p'tite dame!".
*********************************************************
Plongés soudain dans une nuit infiniment plus épaisse que celle dont ils sont sortis ce matin (ou dont ils ont cru sortir), les gens sont à la recherche - coeur distrait, lombes fiévreuses - du contact décisif, de l'ultime rassemblement, de l'implosion tribale qui les libérera de cette immense pénombre et de cette sombre affliction, ou mettra fin à leur misère en les oblitérant à jamais. "Quel indigne spectacle pour les mères ! Et, ici, pour les vierges ! O le honteux ! le profane ! l'exécrable tableau !" Etonnant combien le corps humain peut offrir d'orifices, petits et grands, de protubérances complémentaires, molles et rigides, et surtout lorsque le total en est élevé à la puissance n par des milliers de corps empilés les uns sur les autres , en couches superposées, écrasés dans un espace aussi restreint, et qu'ils ne se cachent plus rien ! Ils ne sont plus, dans cette nuit démente et dégoulinante - qui les prive virtuellement de tous leurs sens, sauf un, où il ne leur reste plus qu'une frénésie de donner et de recevoir, de toutes leurs ouvertures et de tous leurs appendices, le cerveau paralysé de délire, de gnôle, d'effroi, et par la montée de l'orgasme -, limités à leur seul espèce : non, c'est la grande mêlée, n'importe quel animal, n'importe quel végétal, n'importe quel artefact, n'importe quelle surface plus ou moins irrégulière fera l'affaire !
Un second passage est ajouté en bonus. Il décrit l'hystérie de la foule venue assister à l'exécution des Rosenberg : une hystérie dégénérant en une gigantesque partouze.
J'avais moi-même terriblement envie de pisser, j'aurais probablement dû y aller avec lui, le fait est que non seulement je me sentais assez mal à l'aise, n'ayant jamais été véritablement admis dans ce club privé (je m'attirais souvent de bizarres regards surpris de la part des autres sénateurs, les huissiers eux-mêmes étaient mieux reçus), mais qu'il fallait aussi, pour y aller, traverser la Salle de la Présidence, où traînent tous les journalistes. Pas de meilleures sources d'information, si l'on en croit la légende, que les sénateurs qui ont "la vessie faible et la tête chaude"" - et surtout lorsque cette vessie est pleine de bourbon. Il y avait même des femmes journalistes qui rigolaient lorsque les sénateurs se précipitaient en se tenant les bonbons. Ce qui, à mes yeux, était un manque total de dignité, mais la plupart des sénateurs ne semblaient pas se frapper, ils avaient même l'air d'apprécier ce genre de notoriété. Il paraît que Lyndon Johnson, pendant la discussion de la loi sur le pétrole des Tidelands, s'était fait harponner par une jeune journaliste aux idées avancées et avait accepté de lui accorder une interview, à la seule condition qu'elle le suive et lui tienne son instrument pendant qu'il pissait - ce qu'elle avait dû faire. Le scoop de l'année. Ou, comme Lyndon était censé l'avoir déclaré, aux lavabos : "Vous venez de vous en tailler une belle, la p'tite dame!".
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Plongés soudain dans une nuit infiniment plus épaisse que celle dont ils sont sortis ce matin (ou dont ils ont cru sortir), les gens sont à la recherche - coeur distrait, lombes fiévreuses - du contact décisif, de l'ultime rassemblement, de l'implosion tribale qui les libérera de cette immense pénombre et de cette sombre affliction, ou mettra fin à leur misère en les oblitérant à jamais. "Quel indigne spectacle pour les mères ! Et, ici, pour les vierges ! O le honteux ! le profane ! l'exécrable tableau !" Etonnant combien le corps humain peut offrir d'orifices, petits et grands, de protubérances complémentaires, molles et rigides, et surtout lorsque le total en est élevé à la puissance n par des milliers de corps empilés les uns sur les autres , en couches superposées, écrasés dans un espace aussi restreint, et qu'ils ne se cachent plus rien ! Ils ne sont plus, dans cette nuit démente et dégoulinante - qui les prive virtuellement de tous leurs sens, sauf un, où il ne leur reste plus qu'une frénésie de donner et de recevoir, de toutes leurs ouvertures et de tous leurs appendices, le cerveau paralysé de délire, de gnôle, d'effroi, et par la montée de l'orgasme -, limités à leur seul espèce : non, c'est la grande mêlée, n'importe quel animal, n'importe quel végétal, n'importe quel artefact, n'importe quelle surface plus ou moins irrégulière fera l'affaire !
7 avr. 2012
Henry Miller
Précurseur de la Beat Generation et du mouvement hippie, Henry Miller a ébranlé l'ordre moral de l'Amérique puritaine. Son roman semi autobiographique Tropique du Capricorne paraît en France en 1939 et reste censuré aux Etats-Unis jusqu'en 1961. Ce récit relate la vie de l'écrivain dans le New-York des années 20 avant son départ pour Paris.
Un soir où elle était dans la salle de bains, et où son séjour se prolongeait de façon suspecte, j'en vins ainsi par sa faute à penser à des choses. Je décidai de jeter un coup d'oeil par le trou de la serrure et de voir par moi-même de quoi il retournait. Or voici ! Voici qu'elle est debout devant la glace, choyant et caressant sa petite chatte. Lui parlant presque, ma parole. J'étais si excité que je ne sus que faire, tout d'abord. Je retournai dans la grande pièce, éteignis les lumières et me couchai sur le divan, attendant qu'elle sortît. Et ainsi couché, je gardais devant les yeux ce con broussailleux et les doigts qui avaient l'air de tambouriner doucement dessus. Je défis ma braguette, histoire de laisser mon truc prendre le frais de la nuit. Du divan où j'étais, j'essayais de l'envoûter, ou du moins de faire que mon truc l'envoûtât. "Viens là, fille de pute, me répétais-je, viens ici, viens déployer sur moi ce con." Elle dut capter le message immédiatement, car en un clin d'oeil elle ouvrit la porte et tâtonna dans le noir, à la recherche du divan. Je ne bronchai pas. Pas un mot, pas un geste. Je me bornai à tenir mon esprit rivé à ce con qui bougeait doucement dans le noir comme un crabe. En fin de compte, elle fut debout à côté du divan. Sans un mot elle aussi. Elle se tînt là, tranquillement, et tandis que ma main remontait en glissant le long de ses jambes, elle bougea un peu le pied pour mieux ouvrir la fourche. Je ne crois pas avoir, de toute ma vie, fourré la main dans une fourche aussi juteuse. De la colle de pâte, ruisselant sur ses jambes, si j'avais eu des affiches à portée de main, j'aurais pu en coller une douzaine pour le moins. Au bout de quelques instants, aussi naturellement qu'une vache qui baisse la tête pour paître, elle se courba et le prit dans la bouche. Quant à moi, j'y allais à quatre doigts en elle, battant le tout en neige. Et elle, la bouche pleine, les jambes ruisselantes de jus. Pas un mot de part et d'autre, ai-je dit. Rien qu'un couple de paisibles maniaques faisant leur boulot dans le noir comme des fossoyeurs. C'était un paradis de baiser ainsi, je le savais et j'étais prêt, archiprêt à y faire passer toute ma matière grise s'il le fallait.
Un soir où elle était dans la salle de bains, et où son séjour se prolongeait de façon suspecte, j'en vins ainsi par sa faute à penser à des choses. Je décidai de jeter un coup d'oeil par le trou de la serrure et de voir par moi-même de quoi il retournait. Or voici ! Voici qu'elle est debout devant la glace, choyant et caressant sa petite chatte. Lui parlant presque, ma parole. J'étais si excité que je ne sus que faire, tout d'abord. Je retournai dans la grande pièce, éteignis les lumières et me couchai sur le divan, attendant qu'elle sortît. Et ainsi couché, je gardais devant les yeux ce con broussailleux et les doigts qui avaient l'air de tambouriner doucement dessus. Je défis ma braguette, histoire de laisser mon truc prendre le frais de la nuit. Du divan où j'étais, j'essayais de l'envoûter, ou du moins de faire que mon truc l'envoûtât. "Viens là, fille de pute, me répétais-je, viens ici, viens déployer sur moi ce con." Elle dut capter le message immédiatement, car en un clin d'oeil elle ouvrit la porte et tâtonna dans le noir, à la recherche du divan. Je ne bronchai pas. Pas un mot, pas un geste. Je me bornai à tenir mon esprit rivé à ce con qui bougeait doucement dans le noir comme un crabe. En fin de compte, elle fut debout à côté du divan. Sans un mot elle aussi. Elle se tînt là, tranquillement, et tandis que ma main remontait en glissant le long de ses jambes, elle bougea un peu le pied pour mieux ouvrir la fourche. Je ne crois pas avoir, de toute ma vie, fourré la main dans une fourche aussi juteuse. De la colle de pâte, ruisselant sur ses jambes, si j'avais eu des affiches à portée de main, j'aurais pu en coller une douzaine pour le moins. Au bout de quelques instants, aussi naturellement qu'une vache qui baisse la tête pour paître, elle se courba et le prit dans la bouche. Quant à moi, j'y allais à quatre doigts en elle, battant le tout en neige. Et elle, la bouche pleine, les jambes ruisselantes de jus. Pas un mot de part et d'autre, ai-je dit. Rien qu'un couple de paisibles maniaques faisant leur boulot dans le noir comme des fossoyeurs. C'était un paradis de baiser ainsi, je le savais et j'étais prêt, archiprêt à y faire passer toute ma matière grise s'il le fallait.
24 mars 2012
Severo Sarduy
La voix polyphonique de Severo Sarduy, Cubain exilé en France, s'est exprimée dans de nombreux domaines : poésie, essai, radio, édition, peinture... Cobra, roman publié en 1972 et traduit par Philippe Sollers, obtient le prix Médicis étranger. Sarduy décrit lui-même son écriture dans ce livre : l'art de l'ellipse, l'art de la digression, l'art de désordonner un posé et de déposer un ordre.
Il y est question entre autres de travestis, de métamorphoses, de drogues et de voyages en Orient.
Les éléphants mêlent leurs trompes imitant en salut les poignées équivoques des hommes.
Un barbu aux yeux ovalisés; et toi nue levant une pomme au rythme d'un triangle bras arqués.
Nue pour m'écrire debout.
Un bâtonnet de bois brûlé t'allonge les paupières, appuyée princièrement du coude sur la tête d'un serviteur.
Tu t'aimes, une épine oubliée, dans le cercle de métal poli.
Tu te fais lécher par un singe. Et déshabiller par un scorpion.
Deux najas couronnés entrecroisent leurs queues : tresse d'écailles. L'un d'entre eux exhibe un flacon de parfum.
Moi en perruque damoiselle, toi paumes par terre pliée devant. Empreintes de mes doigts dans tes fesses minutieusement cerclées de perles; et tes seins.
Un guerrier à turban moustache, en se marrant, sodomise une jument d'un gros membre raide à cheval; un de ses copains, grimpant litière, se voile gentiment la conque.
Pieds en l'air, tête en bas, droite queue, les bras entre vos jambes, mes doigts bagués pénétrant.
De dos, diadème en coiffure, accroupie forcée entre mes cuisses : les deux gardiennes pressent en riant. Tu plies les jambes, lâches le sol, t'appuies sur de minuscules serviteurs qui se font sucer par leurs symétriques femelles qui se délassent avec petits singes, naturellement.
Tu m'as tiré par ma tunique près de la rivière jusqu'à une cabane. Glissant plus que lentement entre les joncs. Taille resserrée : tambour dombori. Cercles brillant sur les lotus : bourdonnement des abeilles autour de tes mains.
Tes seins sont des sphères remplies que mes doigts frôlent, tes yeux sont agrandis par un point d'or. Nez droit. Sourcils tirés d'un seul arc. Tu as ta cymbale, moi ma fleur.
Les anneaux à tes chevilles répètent la cinquième note. Couverts de laque, les pouces de tes pieds brillent au soleil.
J'ai passé la nuit à draguer une petite gazelle, dans le regard de laquelle pointait une somnolence qui m'empêchait de dormir.
Il y est question entre autres de travestis, de métamorphoses, de drogues et de voyages en Orient.
Les éléphants mêlent leurs trompes imitant en salut les poignées équivoques des hommes.
Un barbu aux yeux ovalisés; et toi nue levant une pomme au rythme d'un triangle bras arqués.
Nue pour m'écrire debout.
Un bâtonnet de bois brûlé t'allonge les paupières, appuyée princièrement du coude sur la tête d'un serviteur.
Tu t'aimes, une épine oubliée, dans le cercle de métal poli.
Tu te fais lécher par un singe. Et déshabiller par un scorpion.
Deux najas couronnés entrecroisent leurs queues : tresse d'écailles. L'un d'entre eux exhibe un flacon de parfum.
Moi en perruque damoiselle, toi paumes par terre pliée devant. Empreintes de mes doigts dans tes fesses minutieusement cerclées de perles; et tes seins.
Un guerrier à turban moustache, en se marrant, sodomise une jument d'un gros membre raide à cheval; un de ses copains, grimpant litière, se voile gentiment la conque.
Pieds en l'air, tête en bas, droite queue, les bras entre vos jambes, mes doigts bagués pénétrant.
De dos, diadème en coiffure, accroupie forcée entre mes cuisses : les deux gardiennes pressent en riant. Tu plies les jambes, lâches le sol, t'appuies sur de minuscules serviteurs qui se font sucer par leurs symétriques femelles qui se délassent avec petits singes, naturellement.
Tu m'as tiré par ma tunique près de la rivière jusqu'à une cabane. Glissant plus que lentement entre les joncs. Taille resserrée : tambour dombori. Cercles brillant sur les lotus : bourdonnement des abeilles autour de tes mains.
Tes seins sont des sphères remplies que mes doigts frôlent, tes yeux sont agrandis par un point d'or. Nez droit. Sourcils tirés d'un seul arc. Tu as ta cymbale, moi ma fleur.
Les anneaux à tes chevilles répètent la cinquième note. Couverts de laque, les pouces de tes pieds brillent au soleil.
J'ai passé la nuit à draguer une petite gazelle, dans le regard de laquelle pointait une somnolence qui m'empêchait de dormir.
29 janv. 2012
Rieko Matsuura
Rieko Matsuura a connu un gros succès commercial au Japon avec son livre Pénis d'orteil publié en 1993. Ce roman raconte l'histoire d'une jeune femme qui découvre un jour que son gros orteil s'est transformé en pénis. Le récit de cette métamorphose est l'occasion de poser les questions de la sexualité et de l'identité.
(photo de Christopher Lee Donovan)
Je me chauffe aux rayons du soleil printanier entrant par la fenêtre. On entend le carillon électronique de l'école primaire du quartier. c'est l'après-midi et je suis seule, j'ôte mon mi-bas, je me mets en boule, et lentement j'essaie d'amener mon orteil droit à ma bouche. Après un très léger goût poussiéreux, aussitôt évanoui, l'orteil devient insipide et inodore. Hémisphère durci, l'ongle heurte la langue, sa surface cependant est lisse, comme un galet poli, on n'éprouve donc pas cette sensation déplaisante de corps étranger. L'orteil lui, sa familiarise tout de suite avec l'intérieur chaud et doux. Les muqueuses de la bouche sont douillettes, comme une couette.
Je titille mon orteil de la langue. J'y frotte légèrement les dents. Je l'enserre des lèvres. J'essaie de l'enrober de salive. L'orteil grandit. J'aspire dans mes joues et le suce. Une sensation agréable me parcourt, Pénis d'orteil est en érection. Ma posture inconfortable m'oblige à le sortir de ma bouche et, telle une chatte léchant son chaton, consciencieusement, passionnément, je le lèche. Bien qu'il appartienne à mon corps, il me fait penser à quelque chose de très mignon, comme un animal d'agrément. L'organe féminin ne suscite aucune impression de ce genre. Dégoût ou attachement, je crois que je comprends un peu la mentalité des hommes qui font grand cas de leur appareil génital.
Les articulations des jambes et le mollet devenus douloureux m'obligent à reposer la jambe et à saisir Pénis d'orteil de la main. Tout barbouillé de salive, il glisse bien, la sensation de plaisir est douce. Je décide que dorénavant je n'en jouerai plus qu'après l'avoir lubrifié.
(photo de Christopher Lee Donovan)
Je me chauffe aux rayons du soleil printanier entrant par la fenêtre. On entend le carillon électronique de l'école primaire du quartier. c'est l'après-midi et je suis seule, j'ôte mon mi-bas, je me mets en boule, et lentement j'essaie d'amener mon orteil droit à ma bouche. Après un très léger goût poussiéreux, aussitôt évanoui, l'orteil devient insipide et inodore. Hémisphère durci, l'ongle heurte la langue, sa surface cependant est lisse, comme un galet poli, on n'éprouve donc pas cette sensation déplaisante de corps étranger. L'orteil lui, sa familiarise tout de suite avec l'intérieur chaud et doux. Les muqueuses de la bouche sont douillettes, comme une couette.
Je titille mon orteil de la langue. J'y frotte légèrement les dents. Je l'enserre des lèvres. J'essaie de l'enrober de salive. L'orteil grandit. J'aspire dans mes joues et le suce. Une sensation agréable me parcourt, Pénis d'orteil est en érection. Ma posture inconfortable m'oblige à le sortir de ma bouche et, telle une chatte léchant son chaton, consciencieusement, passionnément, je le lèche. Bien qu'il appartienne à mon corps, il me fait penser à quelque chose de très mignon, comme un animal d'agrément. L'organe féminin ne suscite aucune impression de ce genre. Dégoût ou attachement, je crois que je comprends un peu la mentalité des hommes qui font grand cas de leur appareil génital.
Les articulations des jambes et le mollet devenus douloureux m'obligent à reposer la jambe et à saisir Pénis d'orteil de la main. Tout barbouillé de salive, il glisse bien, la sensation de plaisir est douce. Je décide que dorénavant je n'en jouerai plus qu'après l'avoir lubrifié.
4 déc. 2011
José Saramago
Caïn, publié en 2009, est le dernier roman de José Saramago, prix Nobel de littérature en 1999. Avec un humour ravageur et un talent de conteur porté à son sommet, l'auteur retrace la Bible à sa façon. Dans l'extrait suivant, la reine Lilith repère Caïn devenu malaxeur d'argile et le fait ramener au palais par son envoyé.
Tel qu'il était, dans sa vieille tunique crasseuse, devenue quasiment un haillon, caïn, après avoir nettoyé du mieux qu'il put ses jambes barbouillées d'argile, suivit l'envoyé. Ils entrèrent dans le palais par une petite porte latérale donnant sur un vestibule où deux femmes attendaient. L'envoyé se retira pour aller annoncer que le malaxeur d'argile était arrivé et avait été confié aux soins des esclaves. Conduit par elles dans une pièce à part, caïn fut déshabillé et lavé sur-le-champ des pieds à la tête avec de l'eau tiède. Le contact insistant et minutieux des mains des femmes provoqua chez lui une érection qu'il ne put réprimer, à supposer que pareille prouesse fût possible. Elles rirent et, en guise de réponse, redoublèrent d'attentions envers le membre raidi qu'entre de nouveaux éclats de rire elles qualifiaient de flûte muette, laquelle avait soudain sauté entre leurs mains avec l'élasticité d'un serpent. Le résultat, vu les circonstances, était plus que prévisible, l'homme éjacula soudain en giclées successives, qu'agenouillées comme elles étaient, les esclaves reçurent sur le visage et dans la bouche.
Tel qu'il était, dans sa vieille tunique crasseuse, devenue quasiment un haillon, caïn, après avoir nettoyé du mieux qu'il put ses jambes barbouillées d'argile, suivit l'envoyé. Ils entrèrent dans le palais par une petite porte latérale donnant sur un vestibule où deux femmes attendaient. L'envoyé se retira pour aller annoncer que le malaxeur d'argile était arrivé et avait été confié aux soins des esclaves. Conduit par elles dans une pièce à part, caïn fut déshabillé et lavé sur-le-champ des pieds à la tête avec de l'eau tiède. Le contact insistant et minutieux des mains des femmes provoqua chez lui une érection qu'il ne put réprimer, à supposer que pareille prouesse fût possible. Elles rirent et, en guise de réponse, redoublèrent d'attentions envers le membre raidi qu'entre de nouveaux éclats de rire elles qualifiaient de flûte muette, laquelle avait soudain sauté entre leurs mains avec l'élasticité d'un serpent. Le résultat, vu les circonstances, était plus que prévisible, l'homme éjacula soudain en giclées successives, qu'agenouillées comme elles étaient, les esclaves reçurent sur le visage et dans la bouche.
19 nov. 2011
Abha Dawesar
Abha Dawesar publie en 2000 L'agenda des plaisirs, son premier roman. Il raconte l'histoire d'André, un jeune analyste financier de Manhattan, découvrant son homosexualité en succombant aux avances de son patron tout en ne pouvant résister à celles de l'épouse de celui-ci, Sybil.
Dans le taxi, Sybil s'est assise tout contre moi, la main droite innocemment glissée dans l'espace entre mes jambes. Le bonheur d'être en sa compagnie m'a envahi.
A la maison, je lui ai fait du thé, que nous avons siroté assis à table.
- André, je peux te bander les yeux ?
- Pourquoi ?
- Je peux ou non ?
- OK, vas-y
Elle a dénoué l'écharpe léopard de son cou et l'a attachée autour de ma tête. Tout est devenu noir.
- C'est trop serré ?
- Non
La pièce a été plongée dans le silence, je n'ai plus du tout entendu Sybil, ni senti sa présence. Immobilité totale pendant un temps qui m'a semblé long.
- Sybil, qu'est ce qui se passe ? lui ai-je demandé au bout d'un moment
Silence.
- Sybil ?
Silence.
- Sybs, réponds-moi
J'ai senti son doigt sur mes lèvres. Puis ses lèvres sur les miennes. Puis sa langue sur mes lèvres. Puis les poils de son pubis. Puis ses grandes lèvres.
Je me suis mis à la lécher. Conscient seulement de mes lèvres et du goût de son excitation. Elle a sorti ma queue de mon pantalon et s'est assise dessus. L'a engloutie dans son vagin. Puis en haut, en bas, en haut, en bas...
Dans le taxi, Sybil s'est assise tout contre moi, la main droite innocemment glissée dans l'espace entre mes jambes. Le bonheur d'être en sa compagnie m'a envahi.
A la maison, je lui ai fait du thé, que nous avons siroté assis à table.
- André, je peux te bander les yeux ?
- Pourquoi ?
- Je peux ou non ?
- OK, vas-y
Elle a dénoué l'écharpe léopard de son cou et l'a attachée autour de ma tête. Tout est devenu noir.
- C'est trop serré ?
- Non
La pièce a été plongée dans le silence, je n'ai plus du tout entendu Sybil, ni senti sa présence. Immobilité totale pendant un temps qui m'a semblé long.
- Sybil, qu'est ce qui se passe ? lui ai-je demandé au bout d'un moment
Silence.
- Sybil ?
Silence.
- Sybs, réponds-moi
J'ai senti son doigt sur mes lèvres. Puis ses lèvres sur les miennes. Puis sa langue sur mes lèvres. Puis les poils de son pubis. Puis ses grandes lèvres.
Je me suis mis à la lécher. Conscient seulement de mes lèvres et du goût de son excitation. Elle a sorti ma queue de mon pantalon et s'est assise dessus. L'a engloutie dans son vagin. Puis en haut, en bas, en haut, en bas...
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